Avant d'évoquer notre court séjour à San Ignacio, nous aimerions revenir quelque peu sur Rio de Janeiro. Comme évoqué dans un commentaire au combien pertinent, le Brésil connait une période d'élections. Les 136 millions de Brésiliens ont voté ce 03 octobre 2010 pour élire le successeur de Lula, mais aussi les gouverneurs, les députés et renouveler l'Assemblée et le Sénat.
Dans ce dernier lot, nous avions notre chouchou : Claudio Rocha qui se présentait avec le slogan "Militar e Gay, vamos vencer o preconceito". Nous l'avons d'ailleurs croisé à deux reprises dans les rues de Rio ! Nous n'avons pas connaissance de la réussite ou non de son combat.
D'un point de vue des présidentielles, Dilma (la candidate de Lula) est contrainte au second tour malgré ses 46%.
Le Brésil est marqué par les petits boulots. Exemple lié aux élections, beaucoup de personnes étaient payées pour porter des drapeaux ou garder des pancartes électorales à chaque coin de rue. Sans prendre pour autant parti pour le candidat en question. Autre exemple, dans un magasin de vêtements de 70m2, on a dénombré 13 vendeuses pour 3 clients (nous). C'est comme ça pour tout. Petite dissertation, à vos stylos : vaut-il mieux énormément de petits boulots sous payés ou moins d'employés mais mieux payés ?
Brésil toujours, focus sur les transports collectifs : les autobus. Le chauffeur est là pour conduire et rien d'autre. On lui adjoint donc une personne pour l'achat du ticket de transport. Celle-ci actionne un portique (une fois le ticket vendu) permettant au voyageur d'entrer réellement dans le bus. Le chauffeur a une conduite sportive. Il ose tout. Le soir, les feux rouges sont là à titre indicatif. Rien d'étonnant de voir des bus brûler naturellement les feux de signalisation. Quelques conseils aux voyageurs avant de prendre ce moyen de locomotion : ne pas trop manger, bien s'accrocher et surtout ne pas regarder la route et la samba du bus sur la chaussée. Après cette expérience répétée, nous ne critiquerons plus jamais les conducteurs de la STIB.
Après cette parenthèse brésilienne, revenons à San Ignacio. Petite ville de la province des Misiones. San Ignacio vient du nom du fondateur, Ignace de Loyola, de la mission jésuite qui s'y est implantée. On y a visité sous un léger crachin les ruines de la réduction jésuite San Ignacio Mini.
Un peu par hasard, nous avons enchainé par la visite de la maison et du musée d'Horacio Quiroga (1878-1937). Ce choix se révéla juidicieux puisque Quiroga est devenu notre chouchou des écrivains sud américains ... sans avoir lu aucun de ses ouvrages. Dans le genre "pas de bol" ou "je porte la poisse", cet écrivain (entre autres, puisqu'il aurait même inventé un insecticide) uruguayen a fait très fort. Jugez plutôt.
A l'âge de 3 mois, son père se tue accidentellement avec son propre fusil, la détonnation fait sursauter la mère qui lâche le petit Horacio qu'elle tenait affectueusement dans ses bras, lequel tombe lourdement sur le sol. 17 ans plus tard, son beau-père est victime d'une attaque cérébrale. En partie paralysé et sans parole, celui-ci se suicide d'un coup de fusil. Chemin faisant, Horacio fonde une famille et s'en va vivre à San Ignacio. Sa femme veut habiter à Buenos Aires. Devant le refus de notre écrivain, elle se suicide par poison. Suite à cet évènement, Horacio et sa projéniture s'en iront à Buenos Aires ...
Ce n'est pas fini. Le frère et la soeur de Monsieur Quiroga décèderont de la fièvre thyphoïde alors que Horacio tue accidentellement, lors de la manipulation d'un pistolet, son ami Frederico Ferrando.
Il reviendra passer la fin de sa vie à San Ignacio, où il mit fin à ses jours en avalant une pilule de cyanure alors qu'il était atteint d'un cancer à la prostate. Notons que son oeuvre riche de 14 livres (poèmes et romans) était fortement appréciée par Che Gueverra himself (lu et vu au musée du Che à Alta Gracia) ! Vous comprendrez à la lecture de ces quelques lignes notre amour pour cet homme.
Pour conclure, San Ignacio est une très chouette petite ville. Nous aurions bien pu y rester plus longtemps que prévu mais nous avions déjà acheté les tickets de bus pour Córdoba...
Pour terminer ce post, nous avons enfin eu l'occasion d'uploader trois vidéos :
- Les chutes d'Iguazú ;
- La Garganta del Diablo aux chutes d'Iguazú ;
- L'entrée des joueurs du Boca Juniors et le début du tifo des supporters Jugador 12 (il ne s'agit toujours pas de la vidéo tant vantée).

Rien que pour voir, faudrait mettre en compétition vos chauffeurs de bus et ceux de Ha Noi, et avec en plus les nuées de moto, vespa et autres vélo-moteurs, parfois aussi des vélos chers aux Ecolo. Ici aussi, les feux rouges c'est pour faire décor, MAIS il n'y a presque jamais d'accidents, tout au plus quelques accrochages légers. Hier suis resté 4 heures enfermé dans un bus bloqué dans l'embouteillage du siècle de Ha Noi. Chao tam Biet. Pat.
RépondreSupprimerP.S. Merci de placer les photos de vos dernières trouvailles borniques dans la rubrique du capitaine (Had Hoc). La dalle Catastro est vraiment épatante; il y en a aussi à Genève, mais en plus discret.Quant à Bruxelles, . . . Pat.
RépondreSupprimerConcernant la dalle, nous ne l'avions pas encore placée dans la rubrique idoine ... puisqu'elle était encore sujette à discussion. En effet, nous avons trouvé cette dalle à plusieurs reprises au coin de plusieurs rues. Nous nous posions la question quant à sa pertinence...
RépondreSupprimerLa dalle Castafiore à placer dans une catégorie Haddock ? C'est à en perdre mon Tintin, tonnerre d'Iguazú ! ("encore Mimi ???" disait Didou en visionnant la vidéo :)
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