vendredi 24 décembre 2010

Notre "traversée du désert"

Est-ce un Nouveau Western ?
Nos dernières nouvelles nous situaient à Lima et à Cuzco. Pour les plus attentifs, le point de synchronisation réservé à nos retrouvailles était Nazca, célèbre pour ses lignes et ses géoglyphes. Autant amenuiser tout suspense, tout s'est bien déroulé, on s'est retrouvé et le périple peut continuer avec la boussole nous indiquant plein sud. L'étonnement de Stéphane à propos de l'aspect sablonneux de Lima révèle une méconnaissance de son propre voyage. Le sable, la chaleur et l'aspect émiratique est logique dans cette partie du continent sud américain ... puisqu'on parle de désert côtier occidental de l'Amérique du Sud ! Il s'étale depuis l'extrême sud de l'Equateur, comprend tout le littoral péruvien et une partie du littoral nord-chilien, avec en point d'orgue le désert d'Atacama, très aride puisqu'il y pleut 2 à 4 fois ... par siècle.

Mais n'allons pas trop vite, pour paraphraser Monsieur X, évoquons chronologiquement nos péripéties depuis la Saint-Nicolas pour aboutir en ce réveillon de Noël.  
Pisco fut l'ultime étape de la solitaire de Stéphane. Cette ville a fait la une des médias en août 2007, un violent tremblement de terre a provoqué l'effondrement de la cathédrale en pleine messe faisant des centaines de victimes. Aujourd'hui, il subsiste encore énormément de stigmates de cette catastrophe naturelle. De Pisco, il a pu faire un tour de bateau autour des Iles Ballestas, véritables réserves ornithologiques où cohabitent de multiples colonies d'oiseaux et de mammifères marins, et par conséquent lieux d'extraction d'énorme quantité de guano. Le voyage reliant le continent aux îles permit d'avoir un aperçu des géoglyphes de Nazca grâce au chandelier de Paracas.
Nous nous retrouvons à Nazca, ville située au milieu de nul part et où il n'y pleuvrait que 3 à 6 heures par an ! Avouons-le tout de suite, la cité n'a aucun charme et n'a d'intérêt que pour ses sites archéologiques de la civilisation pré-incaïque Nazca. Nous avons d'abord observé les tombes nazcas contenant des momies à l'allure de Bob Marley avec leurs longues rastas. Ensuite, nous nous sommes envolés pour les lignes et figures tracées dans le désert. Rassurez-vous, s'envoler est à prendre ici au figuré. Nous n'avons pas eu le courage de monter à bord des petits Cessna qui survolent le site archéologiques afin d'observer du ciel ces tracés. Au vu de l'actualité récente et surtout des récits de Routards rencontrés en cours de voyage, ce choix s'imposait tellement le vol dans ces petits coucous est mouvementé. Direction les miradors bordant la route Panaméricaine. Soulignons au passage que cette voie coupe certains dessins. En effet, au moment de sa construction, on n'avait pas encore perçu ces dessins dans le désert. Les tracés, connus dès 1926 au Pérou, furent re-découverts en 1939 par Paul Kosok alors qu'il survolait la région dans un petit avion et popularisés par la mathématicienne allemande Maria Reiche, vraie icône auprès des habitants, qui consacra sa vie à ces mystères. Mystères ?, c'est peu dire. Représentent-ils un calendrier astronomique ? Est-ce un site rituel ? Et surtout comment ces immenses dessins, observables uniquement du ciel, ont-ils été réalisés ? Beaucoup de questions restent ouvertes. 

Après ces affolements scientifiques, nous avons pris la tangente pour Arequipa, deuxième ville la plus peuplée du Pérou. Rassurons tout de suite Nad et Lô, les taxi-cuistax, si bien décrits par leurs soins il y a quelques années, sont toujours d'actualité. Nous avons essayé, testé et approuvé un de ces carrosses doté d'un compteur kilométrique flirtant avec les 700.000km ! Nous profitons de cette parenthèse mécanique pour évoquer une théorie façonnée durant le voyage. Vous êtes au courant de la vie des autobus en Amérique du Sud. Ils font leurs armes en Argentine ou au Chili, avant d'être envoyés en Equateur puis au Pérou pour terminer en Bolivie avec les conséquences mécaniques qu'on connait. Mais connaissez-vous celle des automobiles japonaises ? Tant en Bolivie qu'au Pérou, il est fréquent de rencontrer au détour d'une rue, un objet roulant muni d'autocollants ou de peintures d'origine nipponne. Au premier abord, on pourrait croire qu'il s'agit de la mode du tunning appliquée aux contrées andines. Que nenni ! , c'est bien une seconde vie qui est offerte ici aux micro-bus et autres taxi-cuistax ! Du pays du soleil levant à ceux du soleil couchant, il n'y qu'un pas, franchit allègrement par le truchement de l'import-export. Toujours au rayon seconde main de l'Argus, Arequipa est surpeuplée de Coccinnelles, un vrai amour.
Nos sept jours au pied du volcan Misti ont été bien remplis. Au programme visite du couvent Santa Catalina -une ville dans la ville, aux couleurs rouges et bleues et avec éléments mauresques-, randonnée dans la Valle del Colca pour Emilie -3 heures de grimpette sur 1.200m de dénivelée, ça ravive les courbatures du Wayna Picchu- tandis que Stéphane comptait fleurette à Juanita au Museo Santuarios Andinos. Cependant le fait majeur du séjour fut les moments à nouveau partagés avec notre couple parisien favori Charlotte et Antoine qui a culminé avec l'apprentissage de recettes locales. Rassurons tout le monde, nous n'avons pas provoqué d'intoxication alimentaire bien que poisson cru et fruits de mer étaient au programme. Il faut dire qu'on a été bien coaché par Christian, chef-cuisinier péruvien ... à Munich en vacances chez ses parents, ET surveillé par le duo de bloggers-cuisiniers du site O Tour des Popotes. Ce fut l'occasion d'arpenter les immenses marchés locaux de viandes et de poissons. Dans le rayon rencontre, nous avons fait la connaissance d'une jeune journaliste auprès de la récente chaîne d'informations France24. Pendant 11 mois, Julie parcourt le continent latino-américain et commente ses observations sur son blog, au titre que Stéphane n'aurait pas renié : Hola! ¿que tal?
Dernière anecdote sur notre séjour dans la ville d'Arequipa, nous y avons remarqué que Fanny était une marque de boîtes de thon connue et reconnue au Pérou...

Les émotions gastronomiques passées, nous avons mis le cap sur le Chili. Passage de la frontière péruvio-chilienne sans encombre mais avec une réelle surprise : un trafic, de la contrebande ... de papiers toilettes ! Dans ce sens-là, il est très fréquent de voir un autochtone avec à la main un gigantesque sachet de papiers hygiéniques. C'est tout naturellement qu'on nous a justifié que la vie était plus cher au Chili. Pourquoi le PQ plutôt qu'autre chose ? Sans doute un produit de première nécessité.
Notez la transition (intestinale) subtile avec le précédent paragraphe...
 
Première étape chilienne : la ville portuaire d'Arica. Quel choc culturel ! Les voitures s'arrêtent pour les piétons. Encore aujourd'hui, nous sommes surpris et effarés. Une vraie exception en Amérique Latine, surtout vis-à-vis des Péruviens qui, en plus d'être de vrais pots de colle, se sont avérés être de véritables dangers au volant, les nombreux accidents de bus n'en étant qu'une petite illustration.
L'arrivée au Chili fut pour Emilie un vrai bonheur car elle put voir pour la première fois de sa vie l'océan Pacifique, qui est bien plus bleu et transparent que la mer du Nord. Stéphane, de son côté, a fait davantage son blasé "l'Océan Pacifique ? Il me suit depuis le Panama. Je le connais maintenant !".
A Arica, nous nous sommes essentiellement promenés, le long de l'eau ou plus en altitude, comme sur le Morro, colline qui surplombe la ville et d'où nous avons pu assister à un beau coucher de soleil. Autre particularité : un énorme Christ domine la colline et ouvre les bras bien grands en direction de l'océan afin de souhaiter la bienvenue aux mouettes, pélicans et autres marins. Ce Jésus géant nous en a étrangement rappelé un autre, sauf que cette fois le panorama était dégagé.
Cette ville fut le théâtre de l'un des plus célèbres épisodes de la Guerre du Pacifique. Rappelons que la région de l'extrême nord du Chili a été annexée en 1880 à l'issu de ces évènements privant ainsi la Bolivie de tout accès direct à la mer. Depuis -et très régulièrement, encore le mois dernier- les Boliviens demandent à l'ONU de récupérer ce territoire stratégique.

Désormais nous sommes à Iquique. Nad et Lô parlaient "de la plus belle ville du Chili". Effectivement, Iquique est une jolie ville coincée entre l'océan d'une part et le désert et ses collines de sable de l'autre. Elle est parsemée également de nombreuses demeures de style géorgien, ce qui lui donne un style "Nouvelle-Orléans" (pré ou post Katarina ? se demande impertinemment Stéphane). A l'époque du salpêtre et des grandes industries américaines présentes au Chili, pour ne pas faire le voyage vides, de nombreux bateaux apportaient du bois d’Oregon à Iquique avant de repartir chargés de salpêtre. Ce qui a donné ces charmantes maisons en bois, peintes de toutes les couleurs.
Hier, nous sommes allés visiter une drôle de petite ville : Humberstone. Imaginez-vous le Far West et le désert ! Prenez avec ça une ville fantôme, totalement à l'abandon depuis 1959. Peuplez-la d'une usine, d'une mine, de maisons, d'une église, d'un théâtre, d'une place, d'un hôtel, d'une piscine, d'un terrain de tennis, d'un mercado et de nombreux magasins : vous obtiendrez Humberstone. De 1872 à 1959, on y a produit du salpêtre et traité du nitrate de potassium. En 2002, cette ville de western est devenue un musée. Pour sûr, nous nous serions crus dans un film avec Billy The Kid et Calamity Jane en guest stars.

Aujourd'hui, c'est le réveillon de Noël. Nous avons encore du mal à y croire. Fêter Noël sous 25° et un soleil rayonnant, ce n'est pas commun pour nous. De plus, les Sud-Américains ont tendance à rendre cette festivité assez énervante. Nous ne vous parlerons pas de leurs décorations de Noël, plus kitsch les unes que les autres (à notre avis, il doit y avoir un concours, ce n'est pas possible), ni de leurs crèches omniprésentes et encore moins de leurs guirlandes lumineuses mais surtout musicales qui vous cassent littéralement les oreilles (nous pensons qu'Elise en perdrait sa voix tellement c'est faux). Notons que les églises sont également pourvues de ce type de guirlandes... quoi de mieux pour trouver sa paix intérieure et communier avec Dieu ! Toutefois, il nous faut citer l'une des particularités d'Iquique : le carnaval de Noël ! Durant tout le mois de décembre, les entreprises décorent leurs voitures et déguisent leurs employés. Ainsi affublés, ils déambulent dans les rues, jettent des bonbons aux passants et visitent leurs enfants. Vous vous douterez que la musique, très forte de préférence, accompagne ce cortège de chars. Nous avons pu de cette manière dire bonjour à Homer Simsons, Spider Man, Shrek, Woody, et autres personnages.

Alors que nous postons ce message, vous vous apprêtez à fêter le réveillon de Noël sous la neige et le froid de l'hiver belge. De notre côté, la Noël sera plutôt chaude avec vue sur le Pacifique. On travestit juste un peu la vérité car il nous faudra bien nous pencher de notre balcon du 12e étage pour l'admirer. Pour l'occasion, nous nous permettons une petite folie : un joli petit appartement rien que pour nous deux avec une vraie cuisine rien qu'à nous ! Mais il est vrai que nos pensées seront tournées vers l'Est durant ces deux jours de festivités et que nos familles seront fort présentes dans nos cœurs. Mais nos regards resteront scotcher à l'Ouest, sur l'immensité de l'océan Pacifique ! Réveillonnez bien.


Liens :
  Blog 'O Tour des Popotes' de Charlotte et Antoine : http://otourdespopotes.wordpress.com
  Blog Hola! ¿que tal? de Julie Kara : http://holaquetal.blogs.france24.com

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3 commentaires:

  1. AH! Merci. J'ai tout lu d'une traite. Mais je vais décortiquer cela le jour de Noël. Car ici on prépare le réveillon. Tribu n°2 à 6nez en train (merci la météo sous la neige), Brique6 chez Nellie au6 en train, Elise chante à la cathédrale à la messe de minuit. Alors NOYEUX JOEL de la part de M. X.
    Big Biz Pat.

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  2. bonne annee les loulous profitez bien
    mille bises

    candice, nico, baloo et minou

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  3. Salut Steph, content de lire vos exploits et de pouvoir m'évader quelques secondes dans vos paysages. je profite de ce moment pour vous souhaiter une merveilleuse année 2011. je comprends bien que nous vous manquons pas trop, mais St-Georges se sent affaiblie dans l'arrière garde qui résiste aux multiples assauts mais qui est bien moins vaillante sans ta présence.. Bonne fin de voyage et revenez-nous entiers....Pascal GODARD

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