samedi 27 novembre 2010

De Potosí à La Paz

Nous en avons parcouru du chemin depuis notre dernier message. Nous avons traversé des plaines, des terres arides, des montagnes, des salars, des lagunes, ... mais revenons à Potosí là où nous vous avions laissés, et plus particulièrement à la visite de ses fameuses mines.
Cette virée sous terre fut assez impressionante. Comme je vous l'avais dit précédemment, nous avons choisi une agence qui reverse directement un pourcentage de notre billet aux mineurs. En effet, ces derniers n'ont aucun intérêt à voir débarquer sur leurs lieux de travail des centaines de touristes avec leurs appareils photos. Ils essaient donc tant qu'ils peuvent de profiter de ce tourisme. En plus de cette contribution, les touristes sont gentiment invités à leur offrir différents présents, tels que des limonades, des cigarettes, de la coca et même de la dynamite car, si les mineurs veulent creuser, il leur faut l'acheter eux-mêmes. Ce fut intéressant de découvrir ce métier, et ses conditions rudes voire inhumaines, métier qui nous semble être l'un des pires au monde. Les mineurs travaillent 6 jours par semaine, à raison de 8 à 9 heures par jour minimum (certains travaillant jusqu'à 24h par jour). Ces derniers aimeraient plus de reconnaissance et de protection de la part de leurs autorités, malheureusement ces dernières restent sourdes. Autant vous dire qu'ils sont jaloux de leurs voisins chiliens. En Bolivie, 50 mineurs meurent par an ; au Chili, on arrive à sauver les 33 mineurs coincés sous terre.
Descendre sous terre ne fut toutefois pas une partie de plaisir, en tout cas pour moi. Il faisait chaud et il y avait une tonne de poussière. De plus, notre petit tour fut assez physique, et faire de l'exercice à 4000 mètres d'altitude, des mètres sous terre, ce n'est pas de la tarte. Nous étions bien contentes de revoir la lumière du jour.

Après Potosí, où nous avons passé une journée supplémentaire à nous balader, nous avons mis le cap sur Tupiza, d'où est partie notre excursion pour la région du Sud-Lípez (qui se trouve au sud-ouset de la Bolivie) et le Salar d'Uyuni. Nous ne voulons pas vous rendre trop jaloux, mais nous devons tout de même vous avouer que ce que nous avons vu pendant cette excursion de quatre jours fut "magnifiquement splendide" ;-)
Nous avons voyagé avec un groupe de quatre Néo-Zélandais avec qui nous avons bien rigolé. Notre caravane comprenait trois voitures... peut-être un peu trop mais nous avons tout de même apprécié le voyage. J'ai dû pratiquer mon anglais au détriment de mon espagnol, mais je ne perds pas espoir de le pratiquer encore durant mon séjour ! En effet, les 3 jeeps étaient peuplées pour la plupart d'Anglophones Peu de douches et d'électricité nous furent offerts pendant ces quatre jours mais un vrai retour à la nature nous a fait le plus grand bien.
Nous avons parcouru le Sud-Lípez et ses lagunes (Laguna Verde, Laguna Colorada, etc.), ses déserts dominés par des montagnes multicolores et parsemés de rochers aux formes étranges, qui d'ailleurs ont inspiré Salvador Dalí, ses geysers situés à 4900 mètres d'altitude (autant vous dire que notre souffle nous manquait un peu), ses flamands roses qui se montrèrent assez sympathiques avec les Francophones (chose assez rare ces derniers temps), ... Ensuite, nous sommes parties à la découverte du salar d'Uyuni, au lever du soleil (réveil à 4h45 du matin). Cette énorme étendue de sel est incroyable. Nous avons également apprécié l'admirer depuis la Isla del Pescado, où trônent de majestueux cactus (aille aille aille). Et le quart-d'heure photos (ou plutôt la bonne heure et demi) fut des plus comiques. Nous avons testé tous les effets d'optique possibles et imaginables. Pour les photos, il faudra malheureusement attendre encore un peu car je rencontre quelques difficultés à les télécharger ici.
Nous avons également fêté l'anniversaire de Laurence ce 21 novembre, sans savoir que pendant ce temps-là ma soeur Fanny mettait au monde son petit bout de chou, Mathis. J'en profite encore pour féliciter la nouvelle petite famille..

Notre chauffeur nous a laissés à Uyuni, d'où nous avons pris un bus pour La Paz. Le voyage fut plus que mouvementé ; nos fesses ne touchèrent que très peu notre siège durant 10h.
Nos premières impressions sur La Paz furent assez positives ; cette ville est un bordel monstre avec mille personnes partout tout le temps dans tous les sens, mais ça nous plaît et nous dépayse.
Hier, nous sommes allées visiter Tiwanaku, un site pré-colombien. Malgré le manque d'explications (une fois de plus, nous aurions dû prendre un guide) et l'apparition de la pluie, nous avons apprécié ces lieux qui ont inspiré notre Hergé national et sa B.D. "Le Temple du Soleil".

Aujourd'hui, nous avons tenté l'aventure en descendant en VTT la "Route de la Mort", appelée ainsi parce qu'il y a eu et a encore énormément de morts sur cette route. Résumons : nous sommes parties de 4700 mètres d'altitude pour arriver à un peu plus de 1000 mètres, près de Coroico, en 5h, sur une distance de 50km (appréciation personnelle car en vérité je ne sais pas combien de km nous avons descendus). Le début fut assez hésitant, mais l'assurance arrivant j'ai dominé les filles durant toute la descente Haha ;-) Il me tarde de refaire du VTT maintenant. Par contre, remonter cette route en camionette fut plus atroce que la descendre... en vélo, finalement, on ne voyait pas tellement les précipices. J'ai été bien courageuse !!! Seul point négatif : à nouveau il n'y avait que des Anglophones dans notre groupe et même notre guide ne parlait pas trop l'espagnol. Je me suis donc permise de leur demander, sur la petite feuille d'appréciation et de réclamations, si nous étions bien en Bolivie. Parfois, j'ai vraiment l'impression d'être soit en France comme à Sucre, ou aux Etats-Unis comme ici et au salar.

Demain, nous allons nous promener à La Paz, puis nous partirons pour Copacabana (au bord du Lac Titicaca, non à Rio hein). En attendant, portez-vous bien ;-)

3 commentaires:

  1. Camarades, dites vous bien que là on comprend mieux quelle était la condition humaine de "Germinal". C'est un scandale d'appeler une grève un arrêt de travail dans nos pays "développés" d'Europe. Emilie nous donne son témoignage de l'esclavagisme des sociétés capitalistes du XXIème siècle.
    Quant aux Flamands, un peu d'empathie de part et d'autre serait bien nécessaire.
    Mais pourquoi monter si haut pour descendre ensuite si bas dans une mine? Il n'y a pas un trou plus bas ?
    Et donc pour les prochaines vacances faudra trouver un bled avec du VTT pour Mlle Emilie la descendeuse; mais le VTT c'est aussi monter et mouliner dur !
    Reste la langue anglaise, là aussi il serait sot d'en vouloir à ceux qui la pratique, mais dixit M. SERRES la langue française est moléculaire où l'unité de sens est la phrase (aussi l'espagnol); la langue anglaise est atomique où l'unité de sens est le mot.
    Là dessus, Compañero, muchachos, hasta luego.
    Pat. sous 15 cm de neige à Copenhagen.

    RépondreSupprimer
  2. Je prefere la descente... bof bof les montees =0)
    Pour ce qui est des mines, Potosi se trouve deja a 4100 (ou je ne sais plus combien exactement)... Et on est entre dans la mine assez bas je pense... Mais une ptite mine en Wallonie serait certes moins fatigante !

    RépondreSupprimer
  3. Eh bien, pendant qu'Emilie va au charbon, Stéphane se prend pour Indania Jones.
    De belles photos de paysages luxuriants et de drôle de bêtes.
    Aussi, plein de bouteilles !
    Et enfin le retour des points géodésiques.
    Merci et bonne route.
    Pat.

    RépondreSupprimer