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| Le volcan Villarrica |
Le temps file, les jours défilent, et nous sommes déjà loin de Santiago du Chili. Moult villes et paysages ont été depuis traversés, vus, parcourus, admirés,... A présent, nous sommes à San Carlos de Bariloche, en Argentine. Hein ?! En Argentine ??? Nous vous entendons d'ici dire « Mais vous ne deviez pas descendre tout le Chili, jusqu'au bout du monde, avant de rejoindre l’Argentine ? ». Si, c'est ce qui était prévu, mais nous avons dû changer nos plans en dernière minute. Patience, il faudra attendre la fin du message pour en savoir la raison. Pour le moment, revenons sur nos deux dernières semaines.
Après avoir passé un deuxième séjour dans la capitale chilienne, nous avons retrouvé la côte et plus particulièrement Valparaíso. Nous ne nous y sommes pas tellement attardés, le temps simplement d’en découvrir ses quelques richesses. Cette ville ne nous a pas tellement transcendés. Comme tant d'autres villes de la côte nordique du Chili, Valparaíso a dû avoir son heure de gloire il y a quelques années. Depuis, la ville est laissée à l'abandon. Tant de désuétude nous a attristés, car il est vrai qu'il y a quelques quartiers très sympas où il est plaisant de se promener, mais qui devraient être davantage entretenus. De plus, on nous a quelque peu (démesurément ?) fait peur en nous parlant des nombreux filous qui trainent dans les rues, et surtout sur le port, ce qui nous a rendus quelque peu paranos à sortir en toute tranquillité notre appareil photo. Il faut dire que l'épisode de « l'homme aux longs bras-jambes » ne nous avait pas mis en confiance.
Nous avons tout de même profité de deux journées à Valparaíso pour visiter d'une part une autre maison du poète Pablo Neruda, d'autre part la ville, ses quartiers surplombant le port et ses ascenseurs. A nouveau, nous nous sommes plongés dans l'univers poétique et bordélique de notre ami Pablo. Ce dernier possédait de nombreuses demeures, dont trois au Chili. Nous avions déjà visité celle de Santiago. Nous n'avons pas visité celle de Valparaíso (que nous avons seulement admirée de l'extérieur), mais celle de la Isla Negra (qui n'est pas du tout sur une île), située à 1h de bus. A nouveau, nous avons observé une quantité de choses, allant de la proue de navires aux nombreux coquillages, en passant par les pipes, cartes, bouteilles, verres, masques et autres objets utilitaires ou décoratifs. Nous sommes restés sans mots devant la vue dont bénéficiait Pablo Neruda depuis les multiples pièces de son habitation ; un océan déchaîné, lançant vers la côte des vagues gigantesques. Dommage que de nombreuses villas aient fleuri ça et là tout autour de la maison de Pablo (et que les touristes chiliens viennent en masse). C'est sûr que s’il était encore en vie, il ne vivrait certainement plus là.
Valparaíso est essentiellement connu pour ses vieux ascenseurs (entendez par là petits funiculaires). Elle en recense une dizaine, certains n'étant plus en état de marche. La ville se trouvant construite sur plusieurs petites collines, il est reposant pour ses habitants de ne pas monter à chaque fois à pied (quoique les ascenseurs doivent être essentiellement utilisés par les touristes...). Nous pouvons témoigner que ça grimpe sec. En effet, nous avons été choisir un hostal qui se trouvait sur la seule colline dépourvue d'ascenseur. Il vaut mieux ne pas se rendre compte arrivés en bas qu'on a oublié quelque chose en haut.
Un petit voyage nocturne en bus de plus, et nous voilà arrivés à Villarrica, au bord du lac du même nom et ayant une magnifique vue sur le volcan... bah du même nom aussi. Nous y avons passé quatre jours, à nous promener et profiter des lieux. Comment vous décrire cet endroit ? Alors, vous prenez un peu de la Suisse (lacs, forêts, etc.) et vous ajoutez à tout cela un volcan toujours en activité qui crache de la fumée, ça nous donne : le Chili et sa région des lacs. Faut dire que le volcan Villarrica, il est vraiment beau, tout recouvert de neige sur son sommet (oui, bizarre, de la neige sur un volcan actif qui doit contenir de la lave à l'intérieur…), et quand Emilie l'a aperçu pour la première fois, elle a poussé un cri de joie « oooooooohh », suivi de son commentaire « Stéphane, regarde comme c'est bôôôô ! ».
Cette escapade forestière nous a permis de découvrir le magnifique parc national Huerquehue et une espèce de conifère endémique du sud chilien : l'araucaria. Nous avons partagé cette journée de randonnée dans le parc avec une Française, Sophie, que nous avons retrouvé par la suite, plus au sud, sur l'île de Chiloé. Nous pûmes également profité d'un petit plongeon dans un lac assez froid, mais d'une eau limpide, au milieu d'une nature abondante. Emilie a lancé le mouvement que tout le monde a suivi ... moment délicieux. Elle a seulement regretté amèrement d'avoir goûté une bonne gorgée de cette eau qui paraissait pourtant tellement inoffensive ;-) Mais rien de grave, nous vous rassurons.
Cette rencontre avec la nature (pour sûr, nous sommes à des kilomètres du nord chilien et de son désert immense) nous a mené ensuite dans des thermes : six petits bassins de températures différentes (dont deux trop trop chauds !), tout cela dans une jolie vallée avec « au milieu coule une rivière ». Petit plouf dans l'eau glaciale de la rivière, cette fois seulement pour Steph.
Avant de rejoindre l’île de Chiloé, nous nous sommes arrêtés une journée/une nuit à Valdivia, jolie bourgade, traversée par deux fleuves. Nous avons fait une balade le long des quais, ce qui nous a permis de voir des lobos marinos (ou otaries à crinière) ; « de bien grrrôôsses bêtes, ça Madame ! ». Nous avons également fait un saut au Museo de Arte Contemporeano. Expos sympas, mais surtout lieu assez surprenant. En effet, ce musée se trouve dans une ancienne brasserie qui a brûlé et qui a été fortement détruite lors du terremoto de 1960. Ce tremblement de terre, le plus fort jamais enregistré sur terre (9,5 sur l’échelle de Richter), a fait énormément de dégâts et de morts, essentiellement dans la région de Valdivia et dans le sud environnant, l'épicentre se trouvant à quelques kilomètres de la ville. En parlant de brasserie, vous noterez sur certaines photos que nous possédons d'étranges chapeaux et buvons à des chopes bien familières. En effet, Valdivia, tout comme tout le sud chilien, a connu une très forte immigration allemande au XIXème siècle (et non, n’allez pas croire qu'ils sont tous arrivés après la seconde guerre mondiale). Du coup, ils ont emmené avec eux leurs traditions, dont le fameux houblon. Et comme de par hasard, en même temps que notre séjour à Valdivia, qui était pourtant bref, avait lieu la Bierfest, ou Fiesta de la cerveza pour les autres. Assez comique de voir des Chiliennes habillées en Bavaroises ! Nous nous sommes tout de même assez bien fondus dans la masse, les blonds et yeux clairs étant assez nombreux. Après cette soirée arrosée, nous avons dormi dans une auberge qui fut antérieurement un hôtel de passe. Pour preuve, nous n'y avons passé qu’une seule nuit (Hu hu hu, jeu de mots, jeu rigolo, Hu hu hu).
Notre dernière étape au Chili fut l'île de Chiloé, terre de légendes et de contes, de marins et d'agriculteurs, où il pleut 300 jours par an. Nous avons eu beaucoup de chance avec le temps : soleil les deux premiers jours, pluie seulement durant la nuit des deux jours suivants, et pluie toute la journée le dernier jour. Ce qui nous a permis de découvrir le vrai Chiloé.
Nous nous sommes tout d’abord arrêtés à Ancud, dans le nord de l’île, joli petit port aux maisons multicolores. Cette étape nous permis d'aller dire bonjour aux pingouins (première fois pour Emilie, seconde pour Stéphane). Deux colonies, les manchots de Humblodt et ceux de Magellan, viennent chaque année, entre septembre et mars, sur des petits îlots, pour mettre au jour leurs petits et leur apprendre à nager. Ensuite, ceux de Humblodt retournent plus au nord, les autres plus au sud. Vous noterez sur les photos que ces bébés pingus perdent leur plumage ; ils ne sont pas malades, ils muent tout simplement. Ils ne peuvent alors plus aller dans l’eau (et par conséquent ne plus manger) durant 20 jours, le temps que toutes ces petites plumes soient parties. C'est leur carême en quelque sorte. Dans tous les cas, celle qui faisait le plus de bruit était Emilie qui s'esclaffait à chaque fois qu'elle voyait un pingouin marcher, se casser la figure (ce sont de grands maladroits) ou tout simplement rester statique en tendant son cou vers le ciel.
Nous sommes ensuite descendus jusqu'à Castro, ville plus centrée, d'où nous avons rayonné. Ce fut l'occasion de retrouver Sophie, la Lyonnaise rencontrée dans le parc national de Huerquehue et de faire la rencontre d'un couple français d'instituteurs retraités. Pour l'anecdote, ces derniers rentrent en France par une voie non commune ; ils prennent un cargo à Valparaíso et se laisseront naviguer pendant une vingtaine de jours jusqu'à Rotterdam ! Nous avons partagé plusieurs bons moments avec ces trois personnes, dont une soirée à boire des bières et à refaire le monde, éclairés à la bougie suite à une panne de courant (qui semblait habituelle pour les locaux).
Depuis Castro, nous sommes allés visiter la petite ville de Dalcahue, ainsi que le parc national de Chiloé. Ce dernier n'est pas vraiment propice à la randonnée. Nous avons tout de même pu apprécier une forêt des plus originales, et l'océan, ses dizaines de vagues en enfilade, ses crustacés et ses falaises. Petit côté breton à tous ces paysages. Accompagné de Sophie, grande admiratrice de contes et légendes, nous avons un petit peu percé les secrets de Chiloé et avons notamment assisté à un spectacle de mini-contes.
Maintenant, l'instant de vérité : pourquoi sommes-nous déjà de retour en Argentine ? Initialement, nous devions prendre un ferry le 4 février qui devait nous amener dans le fin fond du sud chilien, à Puerto Natales. Nous ne devions ensuite repasser en Argentine qu'à ce moment-là pour aller en Terre de Feu, à Ushuaia. Malheureusement, notre bateau a été annulé ;-( Suite à un problème technique, le ferry doit être révisé de fond en comble, et ce pendant une semaine (enfin, vaut mieux que ça passe maintenant qu'en pleine mer avec nous à bord). Ne pouvant attendre le 11 février le prochain ferry (il n'y a qu'un seul ferry par semaine), nous avons quelque peu modifié notre itinéraire : nous allons descendre jusqu'à la Terre de Feu par l'Argentine, et ensuite, nous prendrons le ferry dans l’autre sens pour remonter par les fjords chiliens à Puerto Montt et repartir ensuite pour l'Argentine. Pfff, compliqué tout ça !
Aux dernières nouvelles, le ferry de notre compagnie maritime semble HS. Ils feront les croisières avec un plus petit ferry. Du coup, on se retrouve (prioritaires ?) sur une liste d'attente.
Le temps d’écrire ce message et déjà nous quittons Bariloche. Il faut dire que nous nous y sommes pas vraiment plus. Tout y est très cher et luxueux, il y a plein de touristes. C'est le Megève d'Argentine (ça devrait vous aider à imaginer le site). Toutefois, il n'y a rien à redire sur les paysages alentour. La ville est longée par un immense lac (lago Nahuel Huapi, d'une superficie supérieure au lac Léman), lui-même entouré de montagnes où l'on peut voir ici et là de la neige éternelle. Nous avons fait une balade en vélo qui se résuma en une succession de descentes et de montées (bèèèrk les montées), compensée par des panoramas plus majestueux les uns que les autres.
Nous prenons à présent la direction d'Esquel. Ville-étape avant de rejoindre El Calafate qui nous permet d'éclater les 36 heures de bus qui séparent Bariloche et cette dernière ville.
Liens :
Le blog de Marie-Paule et Claude : http://voyageauchilideslapprand.blogspot.com
Article de ce même blog avec une photo de nous sur le bac qui permet de joindre le continent à l'ïle de Chiloé : http://voyageauchilideslapprand.blogspot.com/2011/02/de-chiloe-puerto-varasla-pesee-des.html
Vidéo du blog "O Tour des popotes" où nous apparaissons en guest-stars (leçon de cuisine à Arequipa) : http://www.dailymotion.com/video/xgpz4k_recettes-perou-par-christian_travel
Article de ce même blog avec une photo de nous sur le bac qui permet de joindre le continent à l'ïle de Chiloé : http://voyageauchilideslapprand.blogspot.com/2011/02/de-chiloe-puerto-varasla-pesee-des.html
Vidéo du blog "O Tour des popotes" où nous apparaissons en guest-stars (leçon de cuisine à Arequipa) : http://www.dailymotion.com/video/xgpz4k_recettes-perou-par-christian_travel
Albums photos :
Valparaíso : http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625883627798/
Villarrica : http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625907631294/
Valdivia : http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625921850452/
Île de Chiloé :
http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625802834159/
http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625817799415/
http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625981936222/
Bariloche : http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625981924962/
Villarrica : http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625907631294/
Valdivia : http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625921850452/
Île de Chiloé :
http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625802834159/
http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625817799415/
http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625981936222/
Bariloche : http://www.flickr.com/photos/stemilietravel/sets/72157625981924962/

Ah ! Du commentaire, des récits, des photos et un point de nivellement; merci.
RépondreSupprimerIl y a des specimens d'Araucaria à Bruxelles, au bout de l'av. Louise, avant le Bois de la Cambre.
Pour les manchots, il y en a plein à Bruxelles actuellement, je veux dire des gens qui ont leurs mais en poche à cause du froid. Quant à mon copain Humbolt (et non Humblot) il aussi été géomètre géographe, naturaliste, et plein d'autres qualités scientifiques; il était l'ami des Français et de Paris en particulier; un GRAND Homme. Big Biz Pat.
Quel boulot ! Vous avez encore le temps de voyager ? En tout cas, c'est vraiment chouette ! On doit rejoindre Bariloche mardi ... On donnera nos impressions plus tard. Continuez bien !
RépondreSupprimerHaaa vous y êtes !! Les 36 heures de bus .... C'est un peu soporifique. Alors un petit jeux de Nad et moi qui peut être fait sans fin. Quand dans le bus vous voyez au loin des tâches grises, c'est pour le premier qui trouvent si elles ont deux ou quatre pattes... Si elles ont 2 pattes, c'est des Autruches, si elles ont 4 pattes, c'est des moutons. ça occupe...
RépondreSupprimerPour le reste, je revis toutes ces expériences en vous lisant. Quel plaisir !
J'espère que vous ne perdrez pas dans Torres et que la barque vous trouvera une paillasse...
GROS BISOUS !
lÔ
PS - le spectacle était assez chouette et le repas était ... inattendu !
BIZ
Oh la belle B O R N E : M A G N I F I Q U E. Vos photos hivernales sont également superbes. Quelle belle fin d'odyssée. Quel contraste. Alors bonne traversée. Big Biz Pat.
RépondreSupprimerDe Bruxelles à Ushuaïa,
RépondreSupprimerDu Caire à Sydney,
De Montréal au Cap,
Tout le monde s'unit pour te souhaiter :
Un joyeux ANNIVERSAIRE !!!
Nuevo ano feliz,
Nuevo ano feliz
Nuevo ano Feliz Emilie,
Nuevo ano Feliz !!!
GROS BISOUS de nous 4
Maéli, Tao, Nad & Lô
AH, des photos. Stéphane fait attention de ne pas abimer le phare, les bateaux en ont bien besoin, surtout là ! Ah de nouvelles bouteilles de bière. Stéphane, la prochaine fois je te donnerai une chasuble de la F.G.T.B. Mais le bleu te va bien aussi. Mais de quoi vous plaignez-vous, il était super chic votre autobus ! Enfin, le plus EXTRA: LA BORNE de MAGELLAN, merci et encore merci. Il faut dire qu'il font dans le Kolossaal pour implanter leurs bornes par-là bas. Donc Pat très content qui vous envoi Big Biz.
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